Abstractions dynamiques aux lignes épurées, minutieusement construites, les œuvres sont réalisées dans l’esprit de l’art asiatique, selon le principe du vide : profondément inspirée par l’ikebana (l’art de la composition florale), Mehel exprime ses convictions humanistes à travers la force symbolique et la paix qui émergent d’une alternance contrastée de tons de blanc, de noir et de rouges exubérants. 

Née à bord d’un navire, Mehel poursuit depuis un  voyage qui l’emmène, après une formation à l’atelier Haddad et aux Beaux-Arts d’Alger, en exploration « sur la route de l’organdi… ». 

On la voit à l’atelier Bigazzi, à Florence, étudier l’art florentin, puis à Tokyo, étudier l’ikebana à l’école de Shibuya, et la sculpture Florale à l’École Luna Flora de Junco Hitomi. À Montréal, elle se forme à l’art de la céramique auprès d’Eva Lapka, de Véra Vincente, et à la pâte de verre avec Annick Nabot. Elle fait de ces deux techniques, combinées à la peinture à l’huile, ses médiums de prédilection.

En constante évolution, son parcours créatif s’échelonne sur une quarantaine d’années. Elle a participé à des expositions, en solo et en groupe, à Montréal, Trois-Rivières, Boston, Paris, Alger, Tunis et Tokyo. Plusieurs de ses œuvres se trouvent dans des collections privées en Algérie, au Canada, en France et au Japon, et certaines d’entre elles ont été primées : 2005 & 2006, Le Levant, Montréal.

On the Organdy road…

Dynamic abstractions with sleek lines, these carefully constructed works draw on the spirit of Asian art. Notably exploring the principle of vacuum and profoundly influenced by Ikebana (the art of floral composition), Mehel expressed her humanist convictions through the symbolic power and the peace that emerge from contrasting, alternating shades of white, black and exuberant red.

Born onboard a ship, Mehel has pursued a lifelong voyage that has brought from a training at the Haddad Workshop and the Fine Arts Museum of Algers, on an exploration   « on the organdy road… ».

Her travels have taken her from the Bigazzi workshop in Florence where she studied Florentin art, to Tokyo, where she studied ikebana at the Shibuya School and sculpture at the Luna Flora Floral School in Junco Hitomi. In Montreal, she trained in ceramics with Eva Lapka, of Vera Vincente, and glass-casting with Annick Nabot. These two techniques, combined with oil paint, are her mediums of choice.

Her constantly evolving creative career spans forty years. She has participated in solo and group expositions in Montreal, Trois Rivieres, Boston, Paris, Algiers, Tunis and Tokyo. Many of her works are in private collections in Algeria, Canada, France and Japan and some have received awards: 2005 and 2006, the Levant, in Montreal.

- Jean Leclerc - CONNEXION Arts Visuels


L‘art de Mehel se fait dans un souffle créateur. Ses gestes sont le prolongement de son âme, car le pinceau qui se pose sur la toile est une extension naturelle de sa pensée et de son être. Tel le maître de Sumi-e dans le Japon antique, elle répète ses gestes créateurs jusqu’à obtenir l’essence de son art.

C’est avec un sublime instinct des couleurs et des formes qu’elle donne naissance à ses œuvres aux dimensions multiples et à la sensibilité démultipliée.

Avec elle on parcourt les cultures et les pays, sans cesse avide de découvertes mais toujours ému par la pureté de ses lignes.

Mehel, c’est l’artiste universelle qui a su créer un univers singulier. Sa quête de perfection prend naissance étrangement dans son désir de liberté.

 

Interpretation of Mehel’s work.

Mehel’s art is a breath of creativity. Her brush strokes are the extension of her soul, for the brush is the natural extension of her thoughts and her being. Like the master of Sumi-e in ancient Japan, she repeats these gestures until she reaches the essence of her art.

With her sublime instinct for colours and forms, she gives birth to works of art with multiple dimensions and accrued sensitivity.

With her, we travel through cultures and countries, always seeking to discover more but constantly moved by the purity of the strokes.

Mehel is a universal artist who has created her own individual universe. Her search for perfection, strangely, comes from her desire for liberty.

- N. Mokrani


L‘art de MEHEL est en mutation. Ses œuvres voyagent entre sculpture et peinture, art floral et huile en relief, spiritualité et sexualité. Peut-être parce qu’il suit la géographie particulière de ses exils, son parcours artistique porte la mémoire des jardins d’Alger, l’épure des tracés japonais, et la déchirure des trajectoires nord-américaines.

Influences triples et contradictoires, du moins en apparence. D’un côté le volubile et le chatoyant d’une matière débordante, de l’autre le silence d’une transparence retenue, et à l’arrivée, la stridence des formes éclatées.

Les premières créations de Mehel agissent comme des mises à nu minutieuses. Ses assiettes de grès en éloges du monochrome, ses vases de céramique calcinée et ses huiles intégrant des fleurs sculptées à la manière des bas-reliefs, tout conjugue une infinie fossilisation de la beauté. Ses tableaux sur toile ou masonite, utilisent les techniques mixtes d’huile, de pigments, et de structure de mortier. Les fleurs en porcelaine semblent tantôt s’extraire de la matière comme des chrysalides de leurs carapaces, et tantôt se fondre dans la brûlure de soudains aplats de couleurs.

Sa peinture donne naissance à des volumes sculptés, ses sculptures et céramiques offrent des surfaces peintes, ses créations sont mouvements pluriels, irruptions multiples. Mehel peint chaque tableau en réaction contre le précédent. A l’austérité implosive des noirs et des blancs, répond l’explosion exubérante des rouges et des verts; à la sinuosité gracile des traces effilées s’oppose la déchirure coulée des formes denses. Son travail le plus récent souligne le passage de l’artiste au grand format et sa tentation vertigineuse de la couleur. Sa peinture s’invente, elle dit l’errance et les fulgurances, avec des noirs et blancs qui lavent et des rouges comme autant de cris traversés.

Corolles offertes aux pistils dressés, bourgeons glorieux et pétales entrouvertes, chacune de ses toiles révèle l’anatomie d’une fleur, davantage disparue dans les couches de matière peinte, charriant la promesse de corps séparés au musée imaginaire de l’artiste, annonçant sa recherche patiente et implacable, du désordre harmonieux de l’abstrait.

Les œuvres de Mehel sont bruyantes : elles coulent entre les branches, égouttent leurs blessures, amoncellent la froidure, crépitent l’incandescence, réveillent les formes, bercent les désirs….

La découverte de l’art de Mehel est celle d’une mémoire traversée, des premières incrustations de fleurs aux nouvelles toiles abstraites, en passant par les céramiques en torsions et les grès méditatifs.

C’est aussi une exploration rigoureuse d’émotions exigeantes, avec l’audace sereine de ceux qui savent puiser dans la fascination de la douleur pour mieux percer le secret d’une paix à toujours reconquérir.

Reflections about an unbridled path

Mehel’s art is in mutation. Her work travels from sculpture to painting, from floral art to oil and sculpture, from spirituality to sexuality.

Perhaps because of the particular geographic nature of her exile, her journey as an artist is flanked by the memory of gardens in Algiers, stripped-down essentials in Japan, and the chasm of north-American crossroads.

At first glance, these triple influences may seem contradictory. On one hand, the abundance and beauty of matter, and on the other, the silence of demure transparency. And at the other end of creation, the strident explosion of shape.

Mehel’s first creations are like a meticulous unveiling. The sandstone plates that praise the monochromatic, the scorched ceramic vases and the oil paintings that integrate sculptured flowers like a bas-reliefs, all conspire to fossilize beauty.

Her paintings, on canvas or masonite, are made from mixed techniques using oil, pigment, and modeling paste. The porcelain flowers, with their wire stems, seem to extricate from their substance as the butterfly its chrysalis, or fuse into molten bursts of

Her painted works contain sculpted vessels, her sculptures and ceramics offer painted surfaces, her creations are multilateral movement, manifold irruption.

Mehel paints each piece as a reaction to the one preceding it. The austere and implosive contrasts of black and white will bring in return the explosive exuberance of reds and greens Slender and sinuous lines will come back as raw gushers in thick figures.

Her most recent work represents the artist’s passage into the realm of large format as well as the visceral temptation of colour. Her work reinvents itself, telling of aimless drifting and searing intensity, with exonerating blacks and whites and screaming reds.

With ready corollas and steady pistils, glorious buds and precocious petals, all of these canvasses reveal the anatomy of a flower. Disparate beneath layers of painted elements, they carry the promise of embodiment in the artist’s imaginary museum, and the relentless quest of the harmonious disorder of abstract art. Mehel’s art is boisterous: Like a stream glistening between branches, it drains its wounds, condenses the cold, ignites the flame, rouses structure, cradles desire……

Discovering Mehel’s work is like a journey over memory, from the first flower inlays to the more recent abstract paintings, from tangled ceramic to contemplative sandstone.

It is also the rigorous exploration of intricate emotions with the courage and serenity of those who know how to delve into the fascination of suffering, in order to better comprehend the secret of peace, to transcend again and again.

- Michka Saäl